Aperçu du Journal d’un Confiné

AVANT-PROPOS

Une tardive fausse couche littéraire m’a déconcerté à l’aube de cette année. Je pensais le projet prêt à être publié, mais après l’avoir longuement examiné, il m’a paru évident que ne pas le mûrir davantage aurait constitué une impardonnable faute. – J’espère pouvoir vous le présenter un jour.

Puis, par la circonstance de ce vide, a grandi, plus par paresse que par souci d’originalité, l’idée de rédiger un livre sous forme de journal.

A la faveur de la pandémie qui a planté ses serres sur notre planète, le terme confinement fait sans doute partie de ceux les plus prononcés durant l’année qui s’achève. Il renvoie à une limitation physique et consiste à se préserver d’établir le contact avec le monde extérieur, en vue de borner l’expansion d’un phénomène.

Ce confinement, essentiellement circonstancié, ne peut, de fait se maintenir que sous la menace qu’il vise à paralyser. Dans certaines parties du monde, le violer est même rudement sanctionné. Le virus essoufflé, la limitation de déplacement meurt d’elle-même.

Dans un registre distinct, existe un autre type de confinement. Contrairement à celui susmentionné, on ne peut le violer. Il n’est pas décrété par des autorités administratives, et n’a nullement besoin d’un appareil répressif pour être effectif. C’est à lui que le titre de cet ouvrage fait référence : le confinement du moi.

Ne sommes-nous pas tous confinés, tout le temps, en compagnie de nos pensées ? Ne sommes-nous pas tous incapables de nous soustraire aux multiples entretiens que nous impose notre esprit ? Quand bien même des occupations et distractions de toute sorte nous détournent de cette individualité, n’est-ce pas simplement un sursis qui ne fait rien d’autre que retarder l’inéluctable agitation intérieure ?

Ne vous arrive-t-il pas de vous perdre dans des réflexions, puis, d’être distraits par une sollicitation extérieure, et quelques minutes plus tard, de vous en vouloir parce qu’incapables de reconstituer avec exactitude l’objet de vos méditations ? Cet ouvrage est né de la volonté d’incarcérer ces méditations, trop souvent enclines à fuguer au premier signe d’inattention. Parfois, elles reviennent à la maison, mais plus tout à fait comme on les avait connues. Pour s’épargner un tel désagrément, les capturer par écrit se pose comme inéluctable.

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Et si l’on note, tous les jours, toutes les réflexions qui transitent par notre esprit, l’on peut très rapidement se retrouver avec un pavé entre les mains. Pour la constitution de ce livre, il me serait ardu de vous énoncer les critères à partir desquels certains textes ont été retenus, et d’autres laissés sur le carreau.

Il m’est par contre aisé de vous notifier de ce que ce journal est un ensemble de textes orphelins de toute idée maîtresse. Ils sont détachés les uns des autres, et reposent, en règle générale, sur des lambeaux d’expériences pratiques. J’avis entamé quelques-unes de ces réflexions plus tôt, sous formes d’articles, et l’actualité m’a fourni la matière pour les engraisser.

Parmi ces textes, il y en a qui sont auréolés d’un sérieux avéré, et il y en a qui relèvent de points infiniment légers, voire dérisoires. Que cette inconstance vous soit connue bien avant le début du voyage, car il me serait déplaisant de vous proposer une telle excursion sans vous en indiquer préalablement la nature. Et c’est d’ailleurs pour cela que je déconseille aux potentiels lecteurs d’appréhender ce livre comme un journal intime, de peur d’être désabusés.

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