« Ce sont les choses des Blancs !» 😡😡😡

Il m’est de plus en plus pénible d’entendre cette phrase. C’est d’ailleurs ce style de bizarreries qui m’a poussé à rédiger l’essai sur le discours du consommateur passif.

Méditons tout d’abord cette pensée de Mark Twain :

« Ce n’est pas ce que vous ne savez pas qui pose problème, mais ce que vous pensez savoir avec certitude, et qui n’est pas vrai ».

Il faut beaucoup de sérénité pour mettre le curseur sur Granville Tailer Woods. L’idée de parler de ce monsieur m’épuise et me réjouit simultanément, tellement le personnage est riche.

Dans un monde idéal, la simple évocation de son nom devrait susciter des sentiments compris entre admiration et motivation au superlatif. Mais dans le monde dangereux qui nous abrite, il ne provoque que des questionnements, car il est étranger au grand nombre.

Prenez la peine de mettre votre ceinture de sécurité. La randonnée risque d’être tumultueuse pour ceux d’entre nous qui adorent se sentir inférieurs. Granville Tailer Woods détient plus de cinquante (50) brevets techniques et scientifiques.

Pour des raisons évidentes, nous n’aborderons que les plus utiles à l’humanité.

Naissance et évolution

Granville Tailer Woods est né le 23 avril 1856 à Colombus, dans l’Ohio. Compte tenu de l’insuffisance des moyens financiers de sa famille, il a dû quitter l’école très tôt. A 10 ans, il travaille déjà dans une boutique de machines – réparateur et machiniste – Au fil du temps, il est intéressé par le fonctionnement des machines, et se fait expliquer les concepts du domaine électrique par des travailleurs.

Plus tard, il travaille dans un parc ferroviaire, et tombe amoureux des chemins de fer. Ses expériences vont le préparer à une formation beaucoup plus traditionnelle. En 1876, il s’installe à Springfield où il suit des cours d’ingénierie pendant 2 ans, et reçoit parallèlement une formation en électricité. Il travaille ensuite dans un bateau à vapeur britannique. –The Ironsides –.

Un inventeur à plein temps

En outre, il est embauché comme ingénieur par The Danville and Southern Railroad pendant 2 ans. Bien que doué et productif, il n’arrive pas à évoluer, en termes de promotion notamment.

C’est ainsi que frustré, il crée en 1884, en compagnie de son frère Lyates, une entreprise : The Woods Railway Telegraph Company qui vend et fabrique du matériel téléphonique et télégraphique.

Il dépose son premier brevet en 1885. C’est une combinaison d’un télégraphe et d’un téléphone, qui permet l’envoi de données sonores et télégraphiques à travers une simple ligne du télégraphe. Il l’appelle « Télégraphone », une version améliorée du téléphone de l’époque.

L’invention est rachetée par Graham Bell, celui qui avait breveté le premier téléphone quelques temps plus tôt. Cette vente permet à Woods d’obtenir assez d’argent pour financer son métier d’’inventeur à plein temps. C’est à cette période qu’il invente par exemple un incubateur d’œufs et un frein à air.

Modernisation du système ferroviaire

En 1887, Granville Woods invente un système : « le télégraphe multiplexe». Ce dispositif permet pour la première fois la communication entre les trains et les gares. Les conducteurs de trains en mouvement peuvent désormais échanger avec les employés de la station, afin de connaître la position exacte des trains et d’améliorer la sécurité des voyageurs.

Cette invention a modernisé le système ferroviaire et réduit la fréquence des accidents, permettant d’éviter des collisions entre trains. Il est cependant peu connu à cette époque. Un conflit l’oppose même à inventeur Thomas Edison, concernant les droits d’auteur du télégraphe multiplexe.

Au terme d’un long combat, Woods l’emporte en justice à deux reprises, réussissant à démontrer qu’aucune invention d’Edison n’est similaire à la sienne. Suite à son échec, Edison lui propose de travailler pour lui. Woods décline l’invitation, préférant conserver son indépendance.

Par ailleurs, il conçoit ne nouvelle méthode d’approvisionnement du train en électricité. C’est un système qui permet de disposer des blocs de pierre qui transmettent de l’énergie au train tous les quarante mètres. Ainsi, les batteries secondaires ou les fils électriques sur les voies ferrées deviennent inutiles. Cela va aussi participer à rendre plus sûr le transport ferroviaire.

Autre chose, il met sur pied « le troisième rail », une technique permettant simultanément au train de recevoir plus d’électricité et de subir moins de frictions. Cette technique est encore utilisée de nos jours dans les plateformes de métro des grandes villes occidentales.

Autres inventions

Granville Woods a également la paternité d’une invention majeure, l’antenne parabolique, qui permet de capter les transmissions. On lui doit aussi l’invention de l’interrupteur automatique de circuits électriques – oui, le dispositif qui permet d’allumer et d’éteindre les ampoules, les réglettes, les abat-jours… dans nos entreprises et nos maisons –

Il a cédé la plupart de ses inventions à la General Electric, la Westinghouse et à la Bell Telephone Company.

Bien qu’étant une figure majeure du transport ferroviaire et de la téléphonie, il est surnommé « le Thomas Edison noir » – comme si la référence se devait d’être blanche par définition – Il décède le 30 janvier 1910 à 53 ans.

A retenir

L’expression « ce sont les choses des Blancs » doit être bannie de notre langage courant, et ce pour au moins deux raisons. D’une part, elle traduit du mépris pour tous ceux qui sont assis à la Table des Seigneurs, et qui ne sont pas Blancs, comme Howard Latimer, Charles Drew, Granville Woods et bien d’autres. D’autre part, elle installe dans les mentalités un logiciel dangereux selon lequel l’on est inapte à la réalisation de certaines choses.

Cela conduit à se sentir sincèrement disqualifié d’un type d’activités de production, car l’on est persuadé de ne pas remplir la condition indispensable pour y arriver : être Blanc. Il est par conséquent normal que le grand nombre se limite à attendre patiemment que les sociétés blanches fabriquent « leurs choses », et que nous ne fassions que les consommer.

Si Félix Fokoua pensait de cette manière, il n’aurait jamais imaginé qu’il pouvait produire des Stickers 100 % made in Cameroun, et que l’on pourra utiliser en lieu et place de stickers occidentaux. La technique, l’inventivité, n’appartiennent à aucun groupe humain. Elle n’est la propriété que de tous les individus qui ont conscience de la vigoureuse ingéniosité qui sommeille en eux.

La vie est trop brève pour être petite
Faisons d’elle une balade inédite

© M²CD

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3 commentaires sur “« Ce sont les choses des Blancs !» 😡😡😡”

  1. Retour de ping : 2018, le clap de fin. – La vie est trop brève pour être petite. Faisons d'elle une balade inédite.

  2. Retour de ping : A quand le prochain prétexte pour exposer notre nature ? – La vie est trop brève pour être petite. Faisons d'elle une balade inédite.

  3. Retour de ping : L’exemple de Charles Richard Drew.

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