John Joos me rend nostalgique

 »Combien d’histoires d’amour s’effondrent devant la raison alors que le cœur y croit encore secrètement… » John JOOS

Cette citation a agité le tiroir de ma mémoire.

Raconter ce moment difficile est toujours aussi douloureux pour moi. Néanmoins, ceci fait partie de la thérapie. Du moins, le psychologue que j’avais consulté pour ce cas, le pense.

Je m’en souviens encore parfaitement. C’était un mercredi passablement pluvieux. Je rendais visite à un proche qui comptait énormément pour moi.

Ce sont les personnes qu’on aime qui nous font le plus souffrir. J’avais déjà entendu cela, sans en prendre la mesure.

Pour enfin le comprendre, il a fallu que je surprenne ce proche en train d’absorber une omelette avec des ignames. Mon cœur a commencé à crépiter.

Tout s’est accéléré dans mon esprit. J’ai balayé la pièce du regard, pour apercevoir celui qui l’avait forcé à se nourrir ainsi. Malheureusement, aucune âme humaine ne se baladait autour de nous.

J’avais cru que quelque chose aurait pu expliquer ce drame. Peut-être une prescription médicale spécifique, ou une caméra cachée pour me faire une plaisanterie.

Puis, j’ai interrogé l’expression de son visage. Et c’est là que j’ai compris. Il n’y avait aucun signe de contrainte, ni sur son front, ni dans ses yeux. Sa petite-sœur n’avait pas été kidnappée. Il avait délibérément décidé d’avaler une omelette avec des ignames.

L’évidence se présentait sous mes yeux, mais jusqu’au bout, j’avais attendu un miracle. Pourquoi pas l’hypothèse d’un pari perdu, ou d’une punition parentale ? La dure réalité était cependant implacable : il savourait goulûment des ignames avec une omelette.

Et le pire, c’est qu’il avait l’air heureux.

J’étais dévasté.

Comme vous vous en doutez certainement, notre relation n’a pas survécu à cette sinistre découverte. J’ai essayé de passer l’éponge sur cette trahison. Mais après d’interminables nuits blanches, je n’ai pas pu. On n’arrivait plus à se regarder en face, la gêne était permanente.

C’est avec des fines gouttes de larmes que je vous relate cette histoire qui, jusqu’aujourd’hui, m’attriste infiniment. Avec le temps, je me dis que j’aurais peut-être dû être plus conciliant.

Seulement, nous ne partagions pas les mêmes valeurs, et qui sait jusqu’où il aurait pu aller la fois d’après ?

Il est trop tard maintenant.

La vie est trop brève pour être petite
Faisons d’elle une balade inédite

© M²CD

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *