La leçon de vie que nous communique Cristiano Ronaldo…

Le 7 janvier 2013, Lionel Messi reçoit son 4e ballon d’or consécutif. A côté de lui, se trouve Cristiano Ronaldo, nanti de son unique ballon d’or, obtenu 4 ans plus tôt. 4 ans à affoler toutes les défenses, 4 ans à infliger la peur à tous les gardiens qui ont le malheur de croiser son chemin, mais ce n’est pas assez. Il est fort, mais il y a plus fort que lui. A chaque fois il s’incline face à son exceptionnel rival de Barcelone, Lionel Messi.

Un Messi au dessus du lot

Ronaldo et Messi, deux hommes au premier plan, évoluant sur une autre planète durant la même époque : du jamais vu au cours de ce 21e siècle naissant, et peut-être même, du jamais vu dans l’histoire du football moderne. On les compare dans toutes les chaumières, de Buea à Mexico, dans tous les débits de boisson, de Dakar à Bagdad, et dans toutes les émissions de football, du Cap à Amsterdam.

Chacun y va de sa préférence, en fonction de ses affinités sportives. Les hommes s’adonnent à de la subjectivité, mais les chiffres n’admettent aucun sentimentalisme : Messi est largement incomparable. 4 contre 1 en termes de Ballons d’Or glanés, le bilan est sans appel.

Le natif de Rosario plane littéralement sur le toit du football, et tout semble indiquer que ce n’est que le début. Il ne donne pas l’impression de forcer quoi que ce soit sur un terrain de football. La Pulga, comme on l’appelle affectueusement, n’a besoin ni des roulettes de Zidane, ni des passements de jambes de Lima Ronaldo, encore moins de l’ « elastico » – la virgule – de Ronaldinho pour éliminer ses adversaires.

Tout cela s’avère superflu pour lui. Il se contente de courir, s’arrêter, crocheter, feinter, courir, s’arrêter, feinter… Des gestes qui somme toute peuvent paraitre simples, mais qu’il effectue avec une justesse redoutable et une majesté meurtrière. Jérome Boateng peut douloureusement en témoigner.

Ronaldo ou le refus d’abandonner

Le 7 janvier 2013, Ronaldo vient d’échouer au pied de la montagne une 4 e fois ; malgré ses performances individuelles monstrueuses. Depuis son premier ballon d’or et son départ de Manchester United, son jeu est stéréotypé. Contrairement à Messi, il n’organise pas le jeu de son équipe. Contrairement à Messi, il se contente assez souvent de terminer les actions. Messi est omniprésent dans le rendu de son équipe : il initie, il crée, il finalise.

Ronaldo a beau être un buteur hors-hiérarchie, Messi est clairement meilleur footballeur que lui. Par ailleurs, l’Argentin est son cadet. Il a deux ans de moins, et 3 ballons d’Or de plus. A ce moment, beaucoup de supporters du Réal Madrid et de Ronaldo, même s’ils ne le reconnaissent pas devant leurs homologues de Barcelone, n’attendent plus rien de cette rivalité.

La concurrence est grossièrement inégale, les dieux du football semblent avoir choisi leur camp, de façon solennelle et irréversible. Lionel Messi n’a que 26 ans. En d’autres termes, il a encore un boulevard pour creuser l’écart avec son adversaire, pour enfoncer encore plus le clou.

De solides dispositions morales

Mais c’est sans compter sur la détermination du Portugais. Face à Messi, l’excellence de l’instant ne suffit pas. Il faut continuellement excéder ses limites, réaliser des efforts titanesques sur la durée. Loin de se décourager, c’est précisément ce que Ronaldo fera. L’attaquant du Réal Madrid, éternel insatisfait, en veut toujours plus. Il souhaite jouer tous les matchs, contre toutes les équipes, peu importe la compétition. Sur chaque occasion de but, sa rage de vaincre est tangible.

Il montre des signes de contrariété lorsqu’il manque un face à face alors qu’il a déjà doublé ou triplé ; il s’agace lorsqu’un coéquipier marque et pas lui… Ronaldo est égoïste, entend-on à son sujet. Mais comment ne pas l’être, lorsque vous êtes tous les jours aux trousses du supersonique Lionel Messi dont il faut suivre la cadence infernale ?

Ronaldo refuse de se laisser distancer plus qu’il ne l’est déjà. Malgré les déceptions, par la force du travail, et surtout, grâce à une force mentale insoupçonnable, il comble progressivement son retard, repoussant les bornes du possible, enregistrant un nombre vertigineux de records individuels, et permettant à son club de remporter des victoires historiques, comme le doublé en ligue des champions 2016 et 2017, ou le doublé coupe-championnat en 2017.

Les fruits du dur labeur

Nous sommes le 7 décembre 2017, presque 5 ans plus tard. Ronaldo reçoit son 5e ballon d’or, le 4e en 5 ans, et égale Lionel Messi. Comme le dit l’acteur et producteur américain Denzel Washington, « sans engagement, vous ne commencerez jamais, et sans régularité, vous ne finirez jamais. ». Engagé à ne pas manquer son rendez-vous avec l’histoire, et régulier dans l’effort, ce n’est pas à Ronaldo que Washington apprendra cela. C’est sa marque de fabrique.

Cristiano Ronaldo nous apprend que l’abnégation, la discipline, la volonté et le travail acharné, en dépit des échecs répétés, peuvent produire des résultats sur lesquels peu de monde, voire personne n’aurait misé.

Déjà DIX saisons que ces forces de la nature se font des passes avec le ballon d’Or, méprisant les talentueux footballeurs qui les accompagnent sur les pelouses, et envoyant certains d’entre eux à la retraite, les mains vides. (Xavi, Iniesta, Ribery, Buffon…).Déjà dix saisons, et l’on a l’impression que le combat n’a pas fini de nous livrer tous ses secrets.

Quelle que soit l’issue du duel surhumain entre ces extraterrestres du ballon rond, Ronaldo nous donne une leçon de vie, sans avoir besoin de nous installer sur des tables-bancs et de nous dicter un cours. Son parcours à lui seul s’en charge de fort belle manière, que l’on soit passionné de football ou non.

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© M²CD

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