La soumission de la femme.

Il y a une phrase qui revient abondamment lorsque des discussions autour des rapports humains au sein d’un couple sont engagées : « la femme doit être soumise ». Le terme « soumise » est assez ambigu, chacun lui donnant une signification qui lui convient.

Soumission : la voie de l’infériorisation ?

De manière générale, il y a chez beaucoup d’hommes la tentation d’attribuer à l’expression « soumise » la signification du devoir d’obéissance. Il y a comme une volonté affirmée d’infantiliser le sexe féminin. La Bible est souvent appelée à la rescousse pour soutenir cet argumentaire. Etant donné que d’après ce texte, la femme est née de la côte de l’homme, il est normal qu’elle ait une place inférieure au sein du couple.

Oui, elle n’est que le produit d’un ensemble, le genre masculin. (Ne leur dites surtout pas que la Bible utilise des images, et que l’histoire d’Adam et Eve est un mythe que des Juifs ont trouvé pour expliquer l’apparition des hommes. Ne le leur dites pas. Sous aucun prétexte.)

Chose curieuse, beaucoup de femmes adhèrent à cette démarche, qui en réalité ne fait rien d’autre que les affaiblir. Il n’est pas rare d’entendre : « je suis une bonne chrétienne, je connais ma place, la femme doit être soumise. » La Bible le dit, alors pourquoi ramer à contre-courant du message dit divin ?

L’homme n’a pas besoin d’une femme qui secoue systématiquement la tête lorsqu’il s’adresse à elle, il a besoin d’une femme qui le grandit, et inversement. L’homme n’a pas besoin d’une femme qui ne peut le contredire ou le regarder droit dans les yeux en raison de je ne sais quel dogme, il a besoin d’une femme qui sait le rappeler à l’ordre, le conseiller et lui donne d’autres angles d’attaque au quotidien.

D’inévitables antagonismes

Pour ce faire, une hiérarchisation homme-femme est inutile. C’est la complémentarité qui doit prévaloir. Il n’y a pas de dominé et de dominant. Notre tendance a toujours tout appréhender en termes de conflit ou de rapport de force est sources d’erreurs.

Chacun peut laisser l’autre le dominer à un moment donné, dans la mesure où nous sommes tous un brin narcissiques. Chacun devrait donc souffrir de ménager l’égo de l’autre de temps en temps, au risque de voir l’unilatéralité de la domination détruire la relation. L’homme a peut-être envie d’une femme soumise, mais il n’en a pas besoin.

C’est quelque chose qui n’a rien à avoir avec un féminisme boiteux, féminisme qui devient subitement muet dès qu’il s’agit d’argent, pour bon nombre de femmes.

Par ailleurs, il y aussi malheureusement chez des femmes instruites, une inclination à toujours tirer sur la corde lorsqu’il s’agit de leur autonomie, même lorsque l’homme la leur reconnaît. Obsédées par la crainte d’être considérées comme « faibles », « soumises », elles se mettent à livrer des batailles qui n’en valent pas la peine.

A chaque fois qu’elles doivent prendre une décision, elles sont convaincues de ce que l’orientation de cette décision les définira ou non comme des femmes « soumises ». Elles se retrouvent à lutter contre elles-mêmes, sans s’en rendre compte, pour se prouver quelque chose que leur conjoint n’a même jamais eu l’intention de nier.

Modernité et tradition, une opposition discutable

De plus, il existe une opposition que l’on adore entretenir, entre la tradition africaine, d’une part, et la modernité, d’autre part. La première serait un patrimoine de nos ancêtres à préserver. A tout prix. La seconde serait par définition occidentale. Et donc, dangereuse.

L’on peut recenser certains éléments de traditions africaines qu’il ne faut pas avoir peur de bannir, au motif que c’est un héritage culturel. Une femme, ce n’est pas un objet, ce n’est pas un trophée dont on peut disposer à sa guise. Le dire, ce n’est pas verser dans un droit-de-l’hommisme vaseux.

La biologie rappelle toujours à sa manière aux femmes qu’elles sont différentes des hommes, et elles doivent être traitées différemment. Cela ne signifie en aucune manière qu’il faut les ravaler au rang d’accessoires. L’on peut faire évoluer des pratiques humiliantes de veuvage, et tout ce qui s’y rapporte. On le doit. Le faire, ce n’est pas remettre en cause notre attachement à notre culture.

Un nécessaire système de filtrage

La modernité n’est pas par essence blanche. Nos ancêtres pouvaient aussi se tromper. Autant le devoir d’un enfant est de faire mieux que ses parents, autant la génération actuelle est tenue de faire un saut qualitatif que les anciennes générations n’ont pas pu ou voulu réaliser. Les phénomènes sociaux ne tombent pas du ciel, ils ne sont que ce que les hommes décident d’en faire.

Être moderne, c’est évoluer avec son temps. Il est possible de le faire sans remettre en cause nos fondamentaux. Le fait est que l’on devrait cesser, au nom de l’impérialisme culturel que l’on subit, de protéger toutes nos traditions, sans distinction aucune. Il y en a qui doivent disparaître. Totalement.

«  La sagesse populaire dit la femme de « sexe faible », ce qui prouve que la sagesse populaire peut parfois dire des conneries. » Pierre Perret

La vie est trop brève pour être petite

Faisons d’elle une balade inédite.

© M²CD

Lire aussi

Lettre à ma peur et à mon angoisse

Les catégories masculines de notre époque

2 commentaires sur “La soumission de la femme.”

  1. Retour de ping : Abus sexuels au sein de l’Eglise Catholique, bis repetita – La vie est trop brève pour être petite. Faisons d'elle une balade inédite.

  2. Retour de ping : Que peut-on dire de ‘’Black Panther’’, la sensation de ce début d’année ? – La vie est trop brève pour être petite. Faisons d'elle une balade inédite.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *