Le rêve !

Commençons d’abord par apprécier ces trois citations, elles font office d’entrée.

« La sagesse, c’est d’avoir des rêves suffisamment grands pour ne pas les perdre de vue lorsqu’on les poursuit ». Oscar Wilde
«Soyez réalistes, demandez l’impossible » Ernesto « Che ». Guevara
« La taille de vos rêves doit toujours excéder votre capacité actuelle à les atteindre. Si vos rêves ne vous effraient pas, c’est qu’ils ne sont pas assez grands ». Ellen Johnson Sirleaf

Nous avons affaire à trois personnes célèbres, ayant vécu à des époques différentes et dans des espaces géographiques distincts.

En ce qui concerne Oscar Wilde, il est un écrivain irlandais décédé en 1900. Au sujet de Che Guevara, c’est un révolutionnaire argentin qui s’est éteint en 1967.

Quant à Ellen Johnson, elle est économiste et actuelle présidente de la Sierra Leone – première femme présidente en Afrique –

Ces profils qui n’ont pas grand-chose en commun laissent s’échapper une similitude dans leurs réflexions ci-dessus : la nécessité de rêver abondamment.

Attaquons le buffet.
(N’oubliez pas de changer de couverts pour le plat de résistance).

La nécessité de rêver

Dans notre discours quotidien, il y a très peu de place pour le rêve. Dites à un juriste qu’il sera secrétaire général de l’Onu, et il panique comme s’il s’agissait de quelque chose que seuls les autres pouvaient accomplir, mais pas lui. Suggérez à un talentueux footballeur qu’il évoluera dans les plus grands clubs du monde, mais cela semble inaccessible pour lui, et il le prend pour de la moquerie.

On se demande donc ce qui le motive à taper dans un ballon, si c’est pour se satisfaire de championnats de moindre envergure. Soufflez à l’oreille d’un pharmacien doué qu’il peut découvrir une molécule qui le rendra milliardaire, et vous détectez de l’anxiété sur son visage, manifestation d’un malaise certain. De manière générale, il me paraît que l’on se contente trop souvent du strict minimum, comme si viser plus haut était une maladie honteuse.

Cela ressemble d’ailleurs à une bouteille d’eau que l’on refuse de remplir, alors qu’elle n’est pas encore pleine, au motif que l’eau qu’il y a dans cette bouteille suffit déjà à étancher notre soif. S’il y a de la marge pour faire mieux, pour voir plus grand, pourquoi s’en priver ?

La gratuité du rêve

Ce qu’il y a de plus beau avec le rêve, c’est sa gratuité. On n’a jamais demandé à quelqu’un de payer une amende parce qu’il avait « trop » rêvé. De la même manière, il n’existe pas une taxe à verser à l’Etat parce qu’on a des prétentions démesurées dans son domaine. Aucun tribunal n’a été mis sur pied pour réprimer les personnes n’ayant pas atteint leur objectif ou réalisé leurs projets les plus fous.

Qu’est-ce que les grandes figures de ce monde, dans des secteurs d’activité divers et variés, ont de plus que la masse ? Elles n’ont pas trois cerveaux, encore moins six pieds, mais seulement la conscience de leur potentiel. A partir de ce déclic, elles estiment que la seule limite est dans leur esprit. Le rêve est l’une des rares choses accessibles à tout individu. L’on assimile souvent l’eau à la vie, mais le rêve aussi, c’est la vie.

Ce n’est que lorsque l’on rêve assez, que l’on se met dans des dispositions psychologiques pour tutoyer ses ambitions. Ne pas rêver, c’est errer dans un corps en attendant l’heure de sa mort, se laissant balloter par l’humeur des jours et des nuits qui se succèdent sans changement : ce n’est pas pour cela que nous sommes sur Terre.

Les vertus de l’échec

Si au bout du compte, nous n’arrivons pas à accéder aux sommets que nous nous étions fixés, nous n’irons pas en prison. Au moins nous ne serons pas restés dans l’inaction, et les vertus pédagogiques de l’échec agiront à ce moment pour l’avenir. En tout état de cause, quelqu’un qui ne rêve pas d’être acteur de renom aura du mal à avoir ne serait-ce qu’un rôle de figurant de premier choix dans un film important.

Si d’aventure il y arrive, il vivra malheureusement cela comme une réussite à célébrer avec excès, un plafond indépassable, n’imaginant pas qu’il pouvait un jour accéder à ce niveau.

(Un de mes rêves, c’est de vivre l’âge d’or de l’entrepreneuriat jeune au Cameroun, en lieu et place de l’âge d’or des lamentations improductives dans lequel nous sommes plongés. Il y a des aînés qui ont déjà tracé la voie, tant mieux pour notre génération.)

Le dessert, c’est l’Essai sur le discours du consommateur passif. Je le répète, il est destiné UNIQUEMENT à ceux qui veulent s’autoriser à penser différemment.

La vie est trop brève pour être petite
Faisons d’elle une balade inédite.

© M²CD

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Prologue de l’Essai sur le discours du consommateur passif.