« J’en vois des gens souffrir un peu, rien qu’un peu, rien qu’à peine mais juste ce qu’il faut pour tout rater, tu sais… Oui, à mon âge, je vois ça beaucoup… Des gens qui sont encore ensemble parce qu’ils se sont arc-boutés là-dessus, sur cette petite chose ingrate, leur petite vie sans éclat. Tous ces arrangements, toutes ces contradictions… Et tout ça pour en finir là… » Ana Gavalda
Ce soir, j’ai une pensée pleine de peine pour mes amis supporters du FC Barcelone.
Pour des raisons de convenance sociale, ils rechignent à fixer la réalité dans les yeux.
Depuis de longues années, ils vivent étroitement dans leur corps. Peuvent-ils remédier à cette mortification ?
Assurément. Mais la force de l’habitude est plus imposante que tout.
Chaque année, des serments modernes leurs sont adressés. Et chaque année, animés par l’espoir du renouveau, ils y croient. Dembele, Coutinho, Griezmann… Quelques bijoux suffisent, sinon à attiser l’espoir, à atténuer la démotivation.
Que de promesses, et que de déceptions. Que de malheurs. Et le pire, ce ne sont pas les humiliations multiples qui leur rient au nez. Le pire, c’est de devoir cohabiter avec cette pénitence en silence. D’apercevoir, au loin, le voisin madrilène célébrer ses victoires récentes, et de ne pouvoir rien faire d’autre que gémir à l’ombre de ses draps.
La saison redémarre bientôt. Ne permettez pas aux résultats douteux de la présaison de dribbler votre jugement. Aussi, ne ressentez aucune honte à embrasser la vérité. La Maison Blanche vous est ouverte. Abandonnez les discours de ces faux prophètes qui vous ont égarés.
Abandonnez cette crainte de quitter ce lieu que vous connaissez si bien. Lâcher les souvenirs d’antan, ils appartiennent à une autre époque.
Lâchez Samuel Eto’o.
Lâchez Ronaldinho.
Et tenez bien la corde du bonheur. Elle est tenue par Otabela Ayissi Karim alias Benzema –digne fils d’Obala – et Feuwou Eden dénommé Hazard – digne fils de Bangourain –
Tenez la corde du bonheur. Tenez-là. Et dites adieu aux larmes.
La vie est trop brève pour être petite
Faisons d’elle une balade inédite
© M²CD