Caricatures

Le chanceux Brutus

« Le bonheur rend idiot. » Valérie Perrin

Alphonsine venait de déposer des sucreries dans le cartable de son camarade Brutus. Des biscuits et du chocolat. Elle avait épuisé ses économies pour faire plaisir à Brutus, une fois encore. Depuis deux mois, les trois pièces de cent francs que son père lui distribuait tous les matins, prenaient le même chemin : le ventre de Brutus.

Guenièvre rentrait de l’école tous les soirs avec Alphonsine. Elles étaient des amies très proches, et Guenièvre savait tout de l’affection que Alphonsine portait à Brutus. Par contre, ce que Alphonsine ne savait pas, c’est que Guenièvre entretenait une liaison avec Brutus. Elle était trop heureuse pour le percevoir. Le sourire et les mots doux de Brutus l’aveuglaient.

Guenièvre et Brutus avalaient ses sucreries dans son dos, mais elle était trop heureuse pour s’en rendre compte. Malgré les miettes de biscuit et les tâches de chocolat sur la tenue de Guenièvre, Alphonsine ne se doutait de rien. Brutus lui avait dit qu’il l’aimait, et le reste n’avait plus d’importance. Sa maîtresse de CM2 lui avait d’ailleurs reproché l’evaporation de ses performances scolaires. De 18/20, elle était désormais stationnée à 16,5. Elle-même était incapable d’expliquer cela. Peut-être était-ce parce qu’elle passait moins de temps à étudier, et plus de temps à faire les devoirs de Brutus.

On ne le saura jamais.

La vie est trop brève pour être petite

Faisons d’elle une balade inédite.

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