Chroniques sur le marché du mariage. (I)

Cette petite pensée se balade dans mon esprit depuis quelques temps, et j’ai enfin pu la coucher sur du papier. La manière avec laquelle je vais aborder le sujet ne se base que sur quelques observations. Je ne prétends donc pas épuiser la question en l’appréhendant sous toutes ses coutures. Il n’y a que deux catégories particulières dont je vais parler : une de la gent féminine, et une de la gent masculine.

La gent féminine.

Faisons de prime abord un saut dans les années de collège et d’université. Il y a quelque chose d’assez régulier chez des jeunes filles – souvent de bonne famille – lorsqu’elles sont encore sur les bancs : elles sont attirées par les ‘’bad boys’’. Ce sont des garçons qui se démarquent par leurs écarts vis-à-vis des règles, académiques ou non. Elles sont attirées par eux parce qu’ils dégagent une incertitude qui les trouble, et parce qu’elles pensent pouvoir les changer. Ils représentent pour elles un challenge, peut-être inconscient, mais réel.

Elles sont convaincues de leur charme et de leur capacité à emmener ces ‘’bad boys’’ vers des chemins moins sinueux. Et bien souvent, elles échouent. Malgré toute l’affection et la volonté qu’elles déploient, elles finissent par se rendre compte de la peine insurmontable à endurer. Certaines se résignent à couper le cordon, aussi douloureux que cela puisse être.

C’est généralement au terme ou près du terme des années universitaires, qu’elles mûrissent véritablement. Elles sont beaucoup plus sélectives dans leurs choix, et ciblent prioritairement les personnes pour lesquelles elles détectent un potentiel pouvant apporter de la valeur à leur quotidien. Le temps des challenges est dépassé. Les hommes qui représentent une stabilité présente ou future, aussi bien pour elles que pour leur progéniture à venir, font l’objet de leur convoitise.

Ce n’est pas qu’elles sont portées vers le matériel, c’est qu’elles se projettent beaucoup plus vite que les hommes et aperçoivent les enjeux de demain bien avant qu’ils n’atterrissent. En somme, elles sont prévenantes. Les expériences du passé les ont solidement marquées. Elles estiment avoir fait assez de bénévolat en étant au petit soin de grands enfants. Cette étape est révolue.

La gent masculine

Des hommes, eux, ont souvent la manie de désespérer les femmes qui en pincent pour eux lors des années de lycée et d’université. Ils sont jeunes, et pensent à profiter de leurs belles années aux côtés de toutes sortes de douceurs, au détriment de celles qu’ils blessent.

Ce n’est pas qu’ils ne sont pas conscients, c’est qu’ils ne réfléchissent pas à long-terme, et qu’ils sont persuadés du « Qui a aimé aimera », fausseté dont ils prendront inévitablement la mesure.

Et lorsqu’ils baignent dans le milieu socioprofessionnel des années plus tard, et qu’il est temps de bâtir leur avenir, ils se rendent compte qu’ils ont laissé passer quelque chose.

Ces hommes sont incapables de savoir ce qui attire véritablement les représentantes du sexe opposé vers eux. N’est-ce pas le confort – ou l’illusion de confort – qu’ils renvoient ? Et ils se souviennent des femmes qui leur donnaient des certitudes, mais pour lesquelles ils n’ont pas eu les égards qui s’imposaient.

Ils tentent des incursions sur les terres d’antan, mais doivent se rendre à l’évidence. L’eau a abondamment coulé sous les ponts, et leurs dulcinées d’hier ne retrouvent même plus la page de leur histoire à présent.

Puis, il y a la pression invisible, mais étouffante des règles sociales. Cela concerne aussi – peut-être même beaucoup plus – les personnes qui martèlent leur manque d’intérêt pour le mariage. Nous évoluons dans des sociétés où ce sacrement est perçu comme un passage annoncé. Un diplôme à la limite. Je ne suggère pas que tout le monde tient à se marier, mais plutôt que ceux qui n’y pensent pas sont beaucoup moins nombreux qu’ils ne le laissent paraître.

Au fil du temps, circulent des allusions de plus en plus incisives des parents et amis. Les incitations du milieu professionnel flottent çà et là. Les irruptions continuelles des réseaux sociaux qui connectent les vies, et décuplent tous les marqueurs, alourdissent le décor.

Ainsi, naissent des mariages par défaut. D’une part, celles qui fusionnent avec des hommes pour lesquels elles éprouvent de l’affection et du respect. Mais pas de l’amour. D’autre part, ceux, responsabilisés, qui finissent par s’engager avec des femmes, pour la simple raison qu’elles étaient dans les parages au bon moment.

Il existe d’autres catégories sur lesquelles je reviendrai probablement.

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