Contre qui sommes-nous vraiment en concurrence ?

Je suis convaincu que chacun de nous a, et aura toujours, au plan individuel, trois concurrents sérieux. Mais ce ne sont à aucun moment nos semblables.

Parce que nous ne partons pas tous du même point de départ, il est inutile de nous regarder en chiens de faïence. Il y en a qui sont issus de familles fortunées, et qui ont un socle de base relativement avantageux. Il y en a qui ont une discipline qui leur permet de développer des aptitudes avec plus d’aisance que d’autres. Il y en a qui ont un carnet d’adresse fourni, et qui de ce fait peuvent bénéficier d’une visibilité que d’autres n’ont et n’auront peut-être jamais.

La réussite d’autrui, une opportunité

Pour ces raisons, ce que d’autres réussissent à réaliser ne devrait pas être un motif quelconque de frustration. Ou plutôt, il devrait s’agir d’une frustration positive. «Pourquoi il peut faire cette chose, et pas moi ?», « Qu’est-ce qu’il a de plus que moi objectivement, et que je ne pourrais mettre à profit ? ». Ce sont les interrogations que les réalisations d’autrui devraient susciter en nous ».

Une réussite qui nous est extérieure est toujours une occasion de nous remettre en question. D’auditer nos talents. De réfléchir sur des opportunités. A aucun moment elle ne doit être une occasion de médire. De jalouser. De rechercher la contribution d’une secte, ou du diable, dans la marre de triomphe de quelqu’un.

Pour revenir à ce que nous disions au départ, l’homme est en concurrence avec trois substances : lui-même, le temps et l’histoire

1- En concurrence avec lui-même.

Parce qu’il est le seul élément pertinent de sa propre mesure. Etre meilleur en mars 2018 qu’on ne l’a été en février 2018, se former, s’informer, doper ses capacités dans un ou plusieurs domaines ; telle est l’équation personnelle.

Il est capital de se trouver des modèles pour se motiver, car on en a toujours besoin pour repousser ses limites. Mais il est dangereux de toujours avoir l’œil rivé sur le couloir de l’autre, car c’est bien souvent cela qui entraine des compromissions malheureuses, ou une jalousie inopportune. Quand je pense qu’à 31 ans, M. Vladimir Poutine vivait avec sa femme dans la maison de ses parents, et que quelques décennies plus tard il est l’un des hommes les plus puissants du monde…

Vouloir à tout prix une imposante maison et pouvoir se payer des vacances à l’étranger comme le voisin ; être incapable de véritablement se réjouir des victoires d’une connaissance ; mépriser celui qui a du succès dans le domaine des affaires alors qu’il ne sait même pas écrire son nom, sont autant de choses qui drainent les énergies et les orientent vers la mauvaise direction.

2- En concurrence avec le temps.

Nous ne savons effectivement pas à quel moment nous seront dépouillés du souffle de vie. Alors, tous les jours nous menons une course contre la montre. Une compétition contre une horloge, invisible certes, mais non moins réelle.

Parce que notre temps est limité, parce que la mort est aussi imprévisible que laide, il est préférable de meubler sa vie sur terre en se concentrant sur soi, et d’abord sur soi. Avoir conscience que l’on est en dans une guerre déloyale avec le temps permet de se concentrer sur la construction de son propre couloir tous les jours, et d’éviter de dilapider son précieux temps pour aller jeter des peaux de banane sur le couloir de ses semblables.

3- En concurrence avec l’histoire.

Comme le dit l’économiste ivoirien Agbohou Michel, si nous nous cantonnons à manger, dormir et nous reproduire, en quoi sommes-nous différents des animaux ?

Nous sommes en compétition face à l’histoire, parce que nous ne sommes pas faits pour disparaître, mais pour vivre après la mort, comme tous ces hommes qui ont rendu l’âme il y a des décennies, voire des siècles, mais dont on continue à parler pour ce qu’ils ont fait lorsqu’ils étaient encore dans ce monde.

Savoir que l’on est en concurrence avec l’histoire, c’est se préparer tous les jours à vivre pour l’éternité dans la mémoire du monde, et non accepter de disparaître dans l’indifférence générale comme la plupart des humains.

En fin de compte, les arbitres ultimes de nos combats sont notre conscience, le temps et l’histoire.

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© M²CD

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1 commentaire pour “Contre qui sommes-nous vraiment en concurrence ?”

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