Les effets de la technologie sur la psychologie.

Avec les réseaux sociaux, les humains sont devenus plus proches, mais en même temps plus distants. Des personnes respirant sur des continents différents peuvent se côtoyer tous les jours à travers des applications sur leurs appareils électroniques. Des personnes respirant au sein de la même maison peuvent aussi se côtoyer tous les jours, mais en échangeant très peu, chacun étant scotché à son smartphone, parents y compris.

Par ailleurs, les réseaux sociaux ont offert aux humains un vaste espace pour s’exprimer, surtout à ceux qui, avant, ne disposaient que d’un mince terrain pour le faire.

Des personnes physiques et morales peuvent communiquer plus facilement leurs activités, avec des coûts beaucoup moins importants. Des personnes peuvent aussi distiller plus aisément leur venin, avec un effet multiplicateur sans précédent.

Un îlot de brutalités verbales

L’un des éléments les plus marquants, c’est la violence qui y règne. L’animosité et l’injure immodérées se déploient avec une vivacité renouvelée. Au nom de la liberté d’expression, l’offense gratuite fait son lit avec ses deux oreillers très confortables. Les doigts sont en alerte sur les claviers pour écorcher. Ce n’est pas fondamentalement nouveau, puisqu’on le vivait déjà avant l’émergence des nouvelles technologies.

Toutefois, avec les réseaux sociaux, le caractère virtuel de la chose crée une onde grossissante. Dans cet océan que représentent les applications telles Facebook, Twitter…, des internautes sont convaincus d’ être les censeurs du monde devant leur écran, ayant leur mot à dire sur tout.

L’on se considère légitime pour attaquer verbalement qui l’on souhaite, qu’il s’agisse d’un total inconnu ou d’une figure publique respectable. Aussi, dans la vie réelle, on se garde bien de s’amuser avec son identité.

L’on ne peut se permettre de s’adresser à n’importe qui et de n’importe quelle manière. On n’a qu’un seul visage –même si avec le maquillage et les filtres, on peut en avoir plusieurs de nos jours –

Cependant, dans la sphère numérique, l’on peut modifier son nom, sa photo de profil, ou créer un faux compte. Et même avec un profil réel, on se sent intouchable : l’effet magique de l’immatérialité.

Et on se laisse aller à des choses que l’on aurait probablement pas l’idée de débiter en présentiel. Ce n’est tout de même pas le plus dangereux. Comme nous l’avons dit, le phénomène est certes exacerbé, mais il est n’est pas révolutionnaire.

Internet et les réseaux sociaux devraient nous aider à être connectés au monde tantôt pour créer une communauté et maintenir le contact avec elle – famille et amis –, tantôt pour se tisser des réseaux sur le plan professionnel, tantôt pour se cultiver,  tantôt pour se divertir.

Dans bien des cas, Internet et les réseaux sociaux ne sont pas orientés vers ces objectifs. Ils sont plutôt de confortables béquilles qui nous aident à nous rassurer sur nous-mêmes. Soit en nous mettant en scène pour recevoir de la lumière. Soit en rabaissant nos semblables. Dans les deux cas, cela traduit une attention exclusive portée à soi-même.

Un narcissisme irrépressible

Le pire avec les réseaux sociaux, ce n’est pas le fait qu’une personne puisse tenir des propos insultants à-tout-va, propager des idées haineuses, ou encore manipuler l’opinion avec des fausses nouvelles. Un équilibre finit toujours pas rétablir la situation à ce niveau.

Le pire, c’est que l’on se met à déterminer la pertinence de nos attitudes par l’approbation des tiers. L’on se borne à penser que plus il y en a qui interagissent sur le contenu que l’on produit, plus l’on est dans le vrai.

Parce que l’on se persuade que le bien-fondé de nos attitudes est fonction de la taille de notre auditoire virtuel, on finit par vivre avec pour seule volonté de créer et de maintenir une audience. L’on considère les partages, like et les retweets… comme le baromètre de la convenance. La dépendance à ce stupéfiant moderne est de ce fait actée.

A la manière des médias qui cherchent toujours à avoir le scoop du siècle pour booster leur présence, l’on cherche à ce que l’attention des autres soit toujours braquée sur nous, et par tous les moyens. C’est le plus dangereux, parce qu’une fois que l’on est piégé dans l’engrenage, rééquilibrer la balance n’est pas un travail de tout repos.

Étant donné qu’à travers les réseaux sociaux, on est en permanence en face du monde, les possibilités sont infinies. On tient à ce que plus de monde nous regarde, et on estime que si ce n’est pas le cas, il y a quelque chose qui ne marche pas. Il faut donc multiplier les stratégies pour que cela marche mieux. Et le cycle se perpétue.

L’on a coutume de rappeler que les réseaux sociaux, ce n’est pas la « vraie vie ». Cette pensée me parait correcte. Mais en partie seulement. Au plan physique, oui. Au plan psychologique, c’est une tout autre affaire.

La vie est trop brève pour être petite Faisons d’elle une balade inédite

© M²CD

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