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Les trois âges de l’intégration des chefs traditionnels dans le champ politique moderne au Cameroun (1947-2026) : l’âge d’or, l’âge de l’effacement et l’âge de la renaissance

De nombreux travaux scientifiques se sont intéressés aux relations entre chefferies traditionnelles et pouvoir politique. Certains auteurs analysent les conflits autour du contrôle des chefferies, d’autres mettent en évidence leur résistance à l’ordre colonial ou encore leur rôle dans la consolidation du système colonial et dans les stratégies de pouvoir des élites traditionnelles. Toutefois, l’évolution historique de l’intégration des chefs traditionnels dans les institutions politiques modernes demeure relativement peu étudiée. La présente étude examine ainsi la trajectoire politique des autorités traditionnelles au Cameroun depuis la création de l’Assemblée représentative en 1947. Elle repose sur l’hypothèse selon laquelle l’intégration politique des chefs traditionnels varie en fonction des conjonctures sociopolitiques et des besoins de légitimation du pouvoir étatique. La recherche s’appuie sur une approche documentaire et historique mobilisant ouvrages, articles scientifiques, mémoires, thèses et sources institutionnelles. Elle s’intéresse à la fois aux chefs traditionnels ayant occupé des fonctions politiques modernes et aux élites administratives devenues chefs coutumiers. L’analyse met en évidence trois grandes séquences historiques : l’âge d’or dans les institutions entre 1947 et 1964, l’âge de l’effacement progressif durant l’ère du parti unifié jusqu’aux années 1990, puis l’âge de la renaissance depuis la libéralisation politique, favorisée notamment par la création du Sénat et des Conseils régionaux.

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